19 novembre 2008

Europeana... peut encore mieux faire...

Europeana (bibliothèque numérique européenne ou plutôt portail numérique européen) ouvre un jour en avance ses possibilités d'interrogation et se prête au crible des milliers de censeurs qui n'auront pas travaillé et peiné à son élaboration : http://www.europeana.eu/portal/
Quelques remarques donc, du côté aisé du critique, qui ne doivent pas enlever la formidable valeur d'un tel portail pour les curieux et chercheurs et des perspectives de recherches bien plus aisé sur et à l'étranger...

I. L'interrogation
Cela devrait décupler et accélérer nos chances de trouver des documents inédits... 52% du portail est aujourd'hui rempli par des ressources françaises.

Du point de vue de l'interrogation des ressources et de l'affichage des réponses, j'avoue préférer


Europeana ressemble davantage par son interrogation et ses réponses au portail Culture.fr. N'y cherchez pas une bibliothèque numérique qui vous décevrait. Cherchez-y plutôt un portail documentaire. Tout comme Culture.fr, sa richesse viendra de ses résultats. Mais le portail, de par son ampleur et le nombre d'institutions qui y participent, est obligé de proposer une recherche élaborée assez maigre : par "fournisseur" (institution ou groupe d'institutions), par pays, par date.

Je n'ai pas trouvé de page présentant tous les critères d'interrogation affichés. Vous affinerez les résultats au fur et à mesure des réponses. En testant quelques recherches habituelles, vous verrez bien vite que des réponses de Culture.fr ne sont pas (encore?) prises en compte.

-Vous pouvez affiner vos réponses comme sur le portail culture.fr
  • par base interrogée "fournisseur"
  • par pays (il faut probablement comprendre pays des fournisseurs et non pays d'où vient l'objet),
  • par date (curieusement celles-ci ne sont pas rangées par ordre chronologique et la recherche par siècle n'est pas proposée).
-Les résultats sont présentés mêlés ou bien par typologie (textes, images, vidéos, son). Malheureusement la catégorie Image est un vaste fourre-tout qu'il faudrait peut-être espérer affiner un jour (manuscrits, imprimés, cartes, cartes-postales, objets photographiés...). On ne peut obtenir que 12 résultats par page, ce qui est un peu frustrants lorsque vous avez des centaines des résultats à dépouiller. Proposer 100 résultats par page est tout ce même plus pratique.

II. Les partenaires et les absents (côté français)
Parmi les partenaires fondateurs français, vous trouverez :
Vous ne trouverez donc pas de cinémathèque de Paris ou autre, ni aucun représentant des archives française (sauf à travers quelques ressources lilliputiennes prises en compte dans le Portail Culture.fr). Je n'y vois aucune grande ressource d'archives française (Leonor, Mémoire des hommes, l'état civil ou le cadastre des départements, la presse numérisée un peu dans tous les sens par tout type d'institutions) mais je ne sais comment ces ressources pourront être interrogées via un seul écran d'interrogation (surtout lorsque chaque image ne fait pas l'objet d'une analyse et indexation), j'espère que la D.A.F. va rattraper le projet en cours de route... Et dire qu'on le savait depuis plus de deux ans et demie.

Côté archives des autres pays, l'on voit douze institutions européennes participer... Voici au moins de quoi faire connaître les ressources des archives et servir d'annuaire pour les Archives suivantes :
  • Austrian State Archives
  • European Archive
  • European Board of National Archivists
  • European Branch of ICA
  • Direcção-Geral de Arquivos
  • Landesarchiv Baden-Württemberg
  • National Archives of Finland
  • Federal Archives of Germany
  • National Archives of Sweden
  • National Archives of the Netherlands
  • International Institute of Social History
  • National Archives of Malta
III. Quelques questions et attentes :
  • A l'origine Europeana souhaitait traiter de certains thèmes communs et pouvant aider à mieux connaître chaque pays (par exemple sur le thème des voyages... ). Je me demande si c'est ce qui ressort aujourd'hui des résultats. Il me semble que l'on s'achemine vers un portail de toutes les grands viviers numériques européens.
  • En l'état actuel des choses, Europeana ne permet malheureusement pas de se passer de l'interrogation méthodique de tous les portails qu'elle interroge puisque leur contenu entier ne leur est pas versé. Par exemple l'interrogation du mot "sceau" me donne 1944 réponses sur Europeana contre 4589 sur Culture.fr. Certaines institutions ne semblent pas avoir (encore?) signé pour autoriser la moisson de leurs notices (Agence photo de la R.M.N.?)
  • Europeana semblait vouloir se distinguer de Google Book search parce que, conçue par des professionnels de la documentation, elle ne serait pas un "fourre-tout" mais un tout ordonné. Quand on regarde aujourd'hui les deux, on se demande en quoi on peut les comparer et vérifier cette assertion. L'un est un réservoir de livres en plein texte, l'autre un portail documentaire tous supports confondus (et un peu fourre-tout). Google Book Search a au moins l'avantage de proposer une recherche unie sur un même matériau (le web, le livre, les vidéos, les images, la presse, les cartes....). Cela permet des recherches propres et nettes où l'on sait ce que l'on cherche et ce que l'on va trouver. Cela fait défaut dans Europeana. Il y a tout de même la distinction dans les réponse par média (texte, image, video, son) et les résultats sont intéressants, mais la "recherche élaborée" peut sans doute être améliorée. L'avantage d'Europeana est de donner des résultats dans une sphère à laquelle on n'aurait pas pensé !
  • Ce portail est utile parce qu'il crée des frustrations et fait espérer des portails ou sous-portails thématiques, orientés par institutions (bibliothèques, musées, archives) ou par fonds (un peu comme tente de le proposer Google) :
    -un portail de la presse
    (nationale et locale). Gallica pourrait-elle à terme interroger toute la presse française numérisée par d'autres institutions ?
    -un portail du cadastre ancien et actuel (couplé les ressources de l'IGN, les cartes de Cassini, cartes manuscrites et imprimées de la BnF, de l'inventaire...)
    -un portail de l'état civil (bases de dépouillements, Nomina & images)
    -un portail des sceaux...,
    un portail des éditions de textes en ligne (?)
  • Google a des algorithmes pour éviter le bruit, je n'ai pas bien testé Europeana pour voir si ses résultats sont triés par degrés de pertinence, mais il ne me semble pas.
  • Il manque un module qui permette des traductions automatiques et propose ces mots dans les autres langues, voire mieux propose "vous avez X résultats pour les synonymes dans les autres langues". Mais ne demandons pas l'impossible !
  • Il manque la recherche par matériau numérisé (photographie, carte, manuscrit).
  • Question subsidiaire : que doit-on attendre de la bibliothèque numérique francophone ? Le même genre qu'Europeana ou un genre différent (un portail culturel ou une bibliothèque numérique ?).
IV. Des bons points à relever
Un portail présenté en 24 langues (à noter la présence du Catalan et de l'Irlandais).
Une possibilité de créer son espace "Mon Europeana", non testé, qui permettra peut-être au portail de mieux connaître la façon dont il est utilisé.

1 commentaire:

kg a dit…

Voir aussi

http://archiv.twoday.net/stories/5335447/